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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où j'ai cru ne plus jamais pouvoir porter mes enfants

Publié le 7 Janvier 2014, 10:03am

Catégories : #gros bras, #témoignage, #drainage lymphatique, #lymphoedème, #enfants, #cancer du sein, #cancer

C’était deux jours après mon opération. Je souffrais forcément du bras gauche à cause du curage axillaire que j’avais subi. Le kiné est venu me voir dans ma chambre pour, il me l'apprenait, me faire un drainage lymphatique doux.

Chic alors !

Il a donc commencé à déplacer ses mains sur mon bras gauche, il était rassurant, il me mettait bien en confiance. En plus, il avait une blouse blanche et cela tombait très bien, j’avais pleins de questions ! Je n’avais pas vu mon chirurgien depuis 24h et je ressentais une gêne de plus en plus forte dans le bras. J’avais comme l’impression qu’il avait gonflé ! doublé de volume.

La vérité c’est que j’avais commis l’erreur suprême d’aller sur internet pour avoir des réponses à mes questions restées justement sans réponses et à mes angoisses, et gros danger de la toile, j’ai notamment trouvé un article du site internet à surtout FUIR quand on a quelque chose de « sérieux » ; doctissimo… je vais donc sur ce site où il y a un article sur « le syndrome du gros bras ». Évidemment, 5 minutes après que j’ai visité ce site je me mets à avoir tous les symptômes du gros bras !

Donc quand le gentil kiné arrive pour me masser le bras, mon gros bras qui à mes yeux avait doublé de volume, j’étais soulagé et j’étais prête à dégainer la longue liste de questions autour de mon bras, mon opération, ma rééducation, etc… et pleins d’autres questions qui dépassaient largement son domaine de compétence. Il m’a tout de suite stoppé dans mon élan pour se recentrer sur MON GROS BRAS.

Je lui disais notamment que je ne comprenais pas pourquoi j’avais mal au niveau de l’aisselle et derrière le bras et pas à la poitrine (enfin ce qu’il en restait…). Je lui expliquais que je ne ressentais pas ses mains quand il me massait le haut du bras, là, prêt de l’épaule et que cela me faisait flipper. J’avais peur que quelque chose ne se soit pas bien passé lors de l’opération et qu’on ne me l’ai pas dit.

Il m’a un peu rassuré de ce côté m’expliquant clairement que tous ces symptômes que je décrivais étaient complétement normaux et courants. Que cela allait se dissiper dans les jours, et même mois à venir. Que je n’avais pas un « gros bras » à proprement parlé, qu’il le trouvait un peu enflé mais c’est tout. Ah… soulagement, tout de suite il commençait à dégonfler à mes yeux (oh parano quand tu nous tiens !).

Je lui glisse parmi mes innombrables questions mon souhait de reprendre très vite mes enfants dans les bras (ils me manquaient), et notamment mon plus petit, qui a plus besoin de cela du haut de ses 9 mois. Là il me répond que la rééducation et le retour d’une motricité complète du bras gauche va être longue et que de toute façon, j’ai maintenant INTERDICTION de porter plus de 10 kg avec ce bras.

Je reste bouche bée… euh comment dire, je ne suis pas très forte en maths mais tout de même je sais que mes enfants pèsent respectivement 11ksgs et 16 kg et que divisé par deux et bien j’ai à peine le droit de les porter maintenant ! et ça ne va pas aller en s’arrangeant puisque par la force des choses, ils vont grandir et grossir…

Alors attendez, vous êtes en train de me dire que je ne pourrais plus porter mes enfants ????

Tout d’un coup le gentil kiné s’est transformé en monstre porteur de mauvaise nouvelle.

Une de plus.

Alors, je fais le point, je n’ai plus de sein gauche, j’ai actuellement deux drains qui me font mal, j’ai de plus en plus mal au bras gauche, j’en ai déjà marre d’être dans cet hôpital (où il fait 40°C et où je dois porter des bas de contention jusqu’aux cuisses – juste pour replacer le contexte…), et EN PLUS, on m’apprend que je ne pourrais plus jamais porter mes enfants, mes petits bouts que je n’ai pas vu depuis 72h pour l’un et plus d’une semaine pour l’autre…

Comment dire. J’ai eu envie de hurler, de pleurer.

Mais non. Ça ne sera pas pour cette fois.

« Ne pas porter plus de 10 kg » d’un bras, ça va très vite. Un pack d’eau, une grosse poubelle, un sac de courses etc…

Depuis ce jour donc, je ne porte plus jamais mes enfants d’un bras – en même temps PERSONNE ne porte son enfant d’un bras – chouette constat.

Bien sûr je ne pouvais pas ne pas les porter – non mais faut pas déconner quand même !

J’ai donc développé une technique tout à fait au point et pas du tout usante pour mon pauvre petit « gros bras » gauche.

Cas pratique : si mon fils est au sol et qu’il réclame mes bras, je le prends d’abord par le bras droit en prenant soin d’appuyer ses fesses sur mon avant-bras droit et ensuite je me sers de mon petit « gros bras » gauche pour le plaquer délicatement contre moi. Un jeu d’enfant !

Autre cas de figure (j’ai envisagé toutes les possibilités, à force d’entrainement !) : Il est sur le canapé ou sur la table à langer, je lui demande de se mettre debout (qu’il m’aide un peu aussi quand même !) et je l’attrape directement par le bas, ses fesses posées sur mon avant-bras droit.

Je n’ai pas mal, je ne souffre pas, et mon fils n’est pas frustré de ne pas pouvoir sentir le contact de sa mère…

Tout cela pour dire qu’il y a les recommandations du milieu médical, qui sont justifiées sans doute, et puis à côté il y a la vie et les besoins légitimes et indiscutables d’un enfant qui veut simplement un câlin de sa maman. Il faut savoir vivre avec les deux.

Le jour où j'ai cru ne plus jamais pouvoir porter mes enfants
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