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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où j’ai culpabilisé

Publié le 4 Février 2014, 10:27am

Catégories : #culpabilité, #angoisse, #peur, #acharnement

Auprès de mon mari, auprès de mes enfants, auprès de ma famille aussi. Ils ne méritaient pas ça… Personne ne mérite ce que l’on a vécu…

Je me dis : "mauvaise pioche, mauvaise femme, mauvaise mère, mauvaise fille, mauvais choix"

Vous n’aviez pas prévu tout cela… Vous n’aviez pas mérité tout cela. Moi non plus bien sûr, mais moi je l’assume pour moi, pas pour vous…

Je culpabilise de vous avoir fait subir tout cela, je n’avais pas choisi cela pour vous…

Sans vivre continuellement dans le monde de Oui Oui, j’aurais aimé que ces 5 années soient plus tranquilles pour nous tous.

Par quoi sommes-nous passés ? Vous ne réalisez pas encore bien les enfants, et je vous l’expliquerais plus tard, mais toi, mon amour, toi tu t’es tout pris dans la gueule, comme une bombe à retardement.

Je sais bien que MOI je n’y peux rien, que je ne l’ai pas fait exprès, mais tout de même c’est plus fort que moi, je culpabilise.

J’ai beau me convaincre, je n’arrête pas de me dire que si tu en avais choisie une autre, tu n’aurais pas autant souffert.

Car c’est bien de cela que je culpabilise. De vous avoir fait tous souffrir à cause de ma maladie.

La première semaine où l’on a appris la nouvelle, les phrases qui me revenaient sans cesse en tête étaient : “c’est pas juste, pourquoi ENCORE moi, qu’est ce que j’ai fait de mal pour mériter ça, pourquoi cet acharnement ?”.

Le jour où j’ai culpabilisé

Je suis suffisamment lucide et cartésienne pour savoir que cela n’a rien à voir avec un quelconque acharnement, il n’y a personne qui appuie sur un bouton machiavélique : “tiens on va lui remettre un petit cancer à celle-là, mais un plus sérieux cette fois !”. Non, évidemment que non. Sans tomber dans le cliché, la vérité est ailleurs. Dans mes gênes peut-être, mais peut-être pas… on verra.

Quoiqu’il en soit, je vis et j’avance avec ce sentiment de culpabilité, car indirectement je suis la cause de pas mal de bouleversements dans ma famille, de tristesse et d’angoisses.

C’est peut-être aussi pour cette raison que j’essaie d’avancer dans cette maladie avec autant de pensées positives et autant d’entrain. Je veux avancer avant tout pour vous, pour toi mon mari, pour vous mes enfants, pour mes parents, ma soeur, ma belle famille, mes amis.

Pour que vous n’ayiez plus jamais peur pour moi…

J'ajoute ici un très bel article d'une blogueuse bien connue qu'est Catherine Cerisey, elle explique très bien cette culpabilité. Il date de 2010 mais est toujours aussi vrai...

http://catherinecerisey.wordpress.com/2010/09/29/la-culpabilite-des-survivantes/

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