Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où je suis devenue hypocondriaque

Publié le 25 Février 2014, 10:12am

Catégories : #hypocondriaque, #tumeur, #paranoia, #malade, #guérir après un cancer

Pas vraiment un jour, mais au fil des mois, des semaines. Je suis devenue une Malade Imaginaire.

Avec ma “maladie”, c’est difficile de ne plus voir le mal partout.

Je ne suis pas comme cela, je dirais même que jusqu’à il y a très peu de temps, je n’écoutais pas vraiment mon corps.

Il fallait vraiment que j’ai très mal quelque part pour prendre un médicament.

Mais bon ça c’était avant…

Avant j’avais deux seins, des cheveux longs et des rêves plein la tête, je ne pensais pas que je pouvais mourir si tôt.

Aujourd’hui je n’ai plus qu’un sein, les cheveux courts et mes rêves... ils se sont en partie envolés.

Donc maintenant quand j’ai mal quelque part, et bien je le dis, je le crie, je me plains, je râle, j’en parle autour de moi, je fais des recherches, je me questionne. Je cogite. Beaucoup trop.

Florilèges :

Je perd beaucoup mes cheveux en ce moment, c’est louche… Peut-être une rémanence des chimio ? et s’ils tombaient tous, du jour au lendemain, si je souffrais d’alopécie ! oh non !

J’ai parfois mal dans ma presque poitrine, quand je prend une forte inspiration. Ça me lance, j’ai l’impression qu’une épée me transperce. C’est peut-être une tumeur ?

Côté sein (le rescapé), je palpe, je n’arrête pas de le palper, tout le temps sous la douche, à l’affût d’une boule, d’une grosseur, d’une tumeur !

Alors forcément quand passe le premier anniversaire de septembre, tout est très clair dans ma tête. Mon corps est rempli de tumeurs, partout, j’en ai partout, ça déborde même !

Le jour où je suis devenue hypocondriaque

Et puis forcément quand la batterie d’examens s’achève par un petit compte rendu pas des plus optimistes, forcément, on se dit que finalement on avait raison de s’inquiéter, de s’angoisser, d’entretenir cette psychose !

Mais la psychose s’arrête net un 1 mois et demi après, après être repassée un peu sur le billard (j’adore ça !) pour enlever la petite boule douteuse. Ça s’arrête net. D’un coup.

Parce que tout va bien. Parce que ça n’est pas dans ma nature de m’inquiéter pour la santé de mon corps. Celle des autres, de mes enfants oui, énormément. Mais moi, non. Je ne suis pas comme ça.

Aujourd’hui c’est comme s’il y avait deux petits bonhommes au-dessus de moi, l’un stress au moindre pet de travers, au moindre indice avant-coureur d’un petit truc qui deviendra un bon gros truc bien méchant et qui va me faire du mal, beaucoup. Que le cancer reviendra, c’est sûr, et que si ça n’est pas aujourd’hui, ce sera demain, ou le jour suivant. Qu’il est là, pervers et sournois et qu’il n’attend pas grand chose pour ressurgir dans ma vie.

L’autre petit bonhomme me dit que tout va bien, que ce n’est rien, ce n’est sans doute rien. Ça va passer. Ça n’est pas grave. Il me dit de relativiser, tout le temps. De profiter, d'en profiter, à fond ! Il me dit que ça ne peut pas encore être pour moi, non pas ENCORE.

Et moi je suis au milieu, tiraillée, parfois très bien conseillée, souvent paumée.

Avançons, avançons tous les trois, en essayant de ne pas basculer plus d’un côté que de l’autre.

Ecoutons ce corps, sans trop lui donner de l'importance non plus. Soyons raisonnable.

Mais pourrais-je être objective et plus parano après tout ça ?

Essayons au moins...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Archives

Articles récents