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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où je suis redevenue femme

Publié le 11 Décembre 2014, 16:24pm

Catégories : #lambeau grand dorsal, #corps meurtri, #reconstruction, #opération, #douleurs, #se réconcilier avec son image

Je viens aujourd'hui vous parler de ma “reconstruction”. Et ça n'est pas simple à raconter...

Elle est tout d’abord bien sûr la reconstruction esthétique d’un sein disparu. Mais c’est aussi une reconstruction morale. Il s'agit d'une douleur forte, insoutenable parfois, mais pas insurmontable, et pour un résultat qui n’a pas de prix. Redevenir une femme… enfin.

Cette reconstruction arrive après un an et demi d’une silhouette en apparence normale mais qui, seule sous la douche, est laide, amputée, abîmée, meurtrie.

Cette opération appartient aux chirurgies dites "lourdes" - traduction : "ça va faire mal !" - j'ai choisi d'un commun accord avec mon chirurgien et mon mari, la technique dite du grand dorsal. Elle consiste à prélever un lambeau de peau dans le dos d'environ une quinzaine de cm et de faire passer une partie du muscle dorsal par dessous le bras pour le ramener en soutien sur le bas du nouveau sein. Cette opération est compliquée mais je suis confiante et je me sens pour la première fois depuis longtemps libre. Elle est annonciatrice de bonnes nouvelles, de nouveautés réjouissantes. D’un quotidien qui redeviendra facile et plus “normal”.

Maintenant, je vais commencer à me reconstruire. A réparer ce corps qui ne ressemble plus à grand chose, et aussi à réparer cette perception que j’ai de moi. Apprendre à s’aimer à nouveau. Facile à dire. Moins facile à faire. Ça sera sans doute long.

Mais il parait que j’ai du temps maintenant…

Je vais aussi devoir m’habituer à cette nouvelle silhouette forcément un peu différente de celle d’avant – tout cela – ma silhouette de femme, ma poitrine de femme, ma poitrine de maman, qui grossissait aux grés des grossesses et prises de poids. C’est terminé pour moi.

Même si les chirurgiens font des miracles, je ne redeviendrais jamais comme avant, je vais devoir réapprivoiser ce corps qui est désormais le mien.

Il va me falloir du temps, j’en ai conscience. Pour moi, pour mon mari, pour les autres aussi.

Je ne suis pas de nature introvertie. Avant l’ouragan, j’étais consciente de mes qualités physiques (notamment ma poitrine généreuse et jolie) mais aussi de mes défauts. J’étais bien dans ma peau, je m’assumais, simplement.

L’amputation de ce sein, le curage lymphatique et tous les traitements qui ont suivis, l'hormonothérapie et ses effets secondaires, cela a tout boulversé. Ils ont mis un bordel monstrueux dans cette perception que j’avais de moi-même.

Je sais que le chemin sera long avant que je m’aime à nouveau dans un miroir, nue…

Mais chaque chose en son temps.

J’ai conscience du chemin parcouru et du chemin encore à parcourir, le marathon n’est pas fini.

Le jour où je suis redevenue femme
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