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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où j'ai eu la banane

Publié par Une Chance Sur Deux sur 13 Mai 2014, 09:09am

Catégories : #bonne nouvelle, #reconstruction, #chirurgie lourde, #chirurgien esthétique, #se reconstruire, #cancer, #cancer du sein, #corps meurtri, #corps détruit après un cancer du sein

C'était au retour de mon premier rendez-vous avec ma chirurgienne esthétique. Deux jours après avoir appris que la petite boule qu'on venait de m'enlever dans le sein droit n'était en fait qu’une petite boule de… rien.

Je n’avais pas encore tout à fait atterri de cette merveilleuse bonne nouvelle.

L’attente interminable depuis deux semaines, le stress, la panique qui commençait à me peser, à nous peser à tous, s’était envolée, si vite, bien plus vite qu'elle n'était venue. Comme un courant d’air. Oubliées les angoisses, les projections morbides, balayées les idées noires, je n’ai rien.

Ma petite boule n’est rien.

Sourire aux lèvres, je montrais mes dents à tout le monde.

Cerise sur le gâteau de cette fin d’année, j’avais rendez-vous avec une femme chirurgien esthétique de renom, pour discuter ensemble de ma reconstruction – l’étape d’après.

Cela s'est passé entre midi et deux un mercredi. J’y suis allée bien entendue accompagnée de mon mari, qui n’aurait manqué ce rendez-vous pour rien au monde.

Il attendait cette étape, depuis longtemps, depuis le début, depuis l’annonce de mon cancer.

Et c’était maintenant ! On était tout excité tels deux gamins qui vont à la fête foraine.

Le rendez-vous se passe très bien, on a beaucoup de questions, pas les mêmes, elle a beaucoup de réponses. Et ses réponses sont pleines d’humour mais sont également extrêmement rassurantes pour une jeune femme comme moi qui n’y connait absolument rien à la reconstruction et qui ne sait pas encore dans quoi elle s’embarque.

Elle nous montre des photos d’anciennes patientes, elle nous explique les différentes techniques possibles, celle qu’elle préconiserai dans MON cas. Elle nous guide sans nous forcer la main. Et j’apprécie cela. Elle prend le temps de tout nous expliquer, les opérations, les complications possibles, mais surtout le résultat. Et les photos qu’elle me montre sont bluffantes !

Je m’étais refusée à aller voir sur la toile des exemples de reconstruction car j’avais peur de vomir au bout de deux images.

Les poitrines reconstruites, que j'ai en face de moi en photos, sont magnifiques, si réalistes, et tellement loins de ma poitrine actuelle.

J’en ai les yeux qui brillent. J’ai même pour un instant l’impression qu’elle me vend du rêve…

Mais très vite je comprends par ses mots que ce “rêve” est complétement à ma portée.

Il est là devant moi. C’est mon avenir, un avenir qui va passer par des chirurgies lourdes et douloureuses mais pour un résultat impressionnant.

Je vais redécouvrir ce que c'est d'avoir une poitrine féminine.

Dans le flot de questions je lui demande quand nous pouvons prévoir ces opérations.

La première est programmée pour le début d’année, dans 2 mois.

Parfait. Comme cela j’ai le temps de m’y préparer cette fois, ça ne sera pas une chirurgie dans l’urgence comme les autres fois. Cette fois, c’est différent, si différent.

On va me reconstruire, reconstruire ce qui a été détruit.

On sort du cabinet le sourire aux lèvres, j’ai presque mal aux zigomatiques tellement je reste bloquée sur ce sourire béat.

Mais ça fait tellement du bien de sourire, enfin.

Le jour où j'ai eu la banane
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