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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où j'ai grossi

Publié le 10 Juin 2014, 11:28am

Catégories : #tamoxifène, #decapeptyl, #ménopause artificielle, #prise de poids

Cela ne s’est pas fait en un jour, mais plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois.

Cela s’est fait progressivement, tout doucement. insidieusement.

Je me renseigne pour savoir si c’est “normal”:

“Le traitement hormonal fait grossir.” VRAI

En induisant une ménopause artificielle, il entraîne un cortège de symptômes, parmi lesquels la prise de poids. La raison : les ovaires sécrètent moins d’hormones sexuelles. Résultat, notre métabolisme ralentit et notre corps a tendance à se « masculiniser », d’où l’épaississement de la taille. Heureusement, c’est réversible.

Effectivement, ça a commencé par le ventre, puis les cuisses, les bras, le visage… des kilos en trop partout…

Déjà que je ne ressemblais plus à grand chose à cause de mon sein amputé et mes cheveux tombés, puis revenus, plus foncés et plus fins qu’avant.

Et ce n’est pas fini, le cancer t’en rajoute un couche.

Pour guérir, pour survivre, pour espérer vivre plus longtemps, tu dois prendre un traitement anti-hormonal pendant 5 ans (pour l’instant).

Un petit cocktail détonnant qui, une fois dans ton corps, te donne d’assez importantes bouffées de chaleur et t’enlève toute envie d’avoir envie… de toi ou des autres.

Viennent s’ajouter d’autres effets secondaires indésirables : perte de cheveux, aphtes (désagréable surtout en été), sécheresse oculaire (très compliqué quand on se maquille les yeux), fatigue, irritabilité etc…

Pour mon cocktail perso il s’agissait d’un mix entre un cachet de Tamoxifène tous les jours et une injection de Decapeptyl tous les 3 mois. Le premier à priori pour 5 ans et le second pour 2 ans seulement.

Je n’ai jamais été mince, ni avant ni pendant les traitements de mon cancer, même pendant mes chimio où la moindre odeur me donnait la nausée.

J’ai peut-être perdu un peu de poids, mais rien de visible à l'œil nu.

En revanche, quand les traitements se sont terminés, quand j’ai enfin soufflé, là, tout s’est agglutiné, dans le ventre, dans les cuisses, sur mon visage. Partout.

Bien étalé, difficile à perdre.

Je manque d’exercice, je le sais, mais je manque de motivation aussi pour brûler tout cela.

Je suis gourmande. Une vraie gourmande. J’aime manger. J’aime le sucre. Je n’aime pas me frustrer, je n’aime pas me priver. Donc un régime drastique dans mon cas, c’est carrément impossible, et ça ne servirait à rien.

Manger correctement et sainement ok, mais je n’arrêterai pas le chocolat. Je suis du genre têtue.

Mon oncologue m’explique que cette prise de poids est tout à fait normale. Que j’aurais beau faire un régime, rien n’y fera. Ah ça c'est une bonne nouvelle !

Ma chirurgienne esthétique quand elle me voit pour la première fois, me traite de "fausse maigre", je lui souris et je prends cela super bien, je ne retiens que e mot "maigre" et occulte "fausse"...

Mais dans les faits (et devant la glace surtout), il n'en est rien. J'ai grossi...

Il faut faire de l’exercice, du sport. Je dois me dépenser.

Autre avantage au sport et à l’exercice, cela augmente mes chances de guérison.

“En perdant du poids, je gagne des années de vie.” VRAI

L’étude WINS a montré qu’une diminution de 20 % des apports lipidiques favorisait une réduction de l’IMC et améliorait la survie en évitant la rechute. Ces résultats sont encore plus frappants chez les femmes qui ont un cancer du sein à récepteur œstrogène ou progestérone : l’accompagnement diététique leur a permis une réduction du risque de 50 %, avec survie sans rechute.

Le jour où j'ai grossi

Chic alors !

Deux bonnes nouvelles : la première c’est que ces kilos en trop ne sont pas obligés de s’installer à vie ici et là. La deuxième c’est qu’avec du sport ou de l’exercice, je pourrais peut-être vivre plus longtemps.

Décidément en ce moment j’enchaîne les bonnes nouvelles, c’est limite louche...

Pour l’heure, les kilos sont encore là.

Je sais que ça n’est pas facile pour une femme de 45-50 ans d’être ménopausée, de prendre du poids, d’avoir des bouffées de chaleur, de ne plus avoir de cycle hormonal, et par tout cela être étiquetée de "vieille".

Du haut de mes 32 ans, je sais désormais ce que vous vivez et je vous admire.

Le jour où j'ai grossi
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