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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où j'ai testé l'acuponcture - épisode 1

Publié par UnechancesurDeux sur 1 Juillet 2017, 16:11pm

Catégories : #cancer du sein, #chimiothérapie, #rechute, #nausées, #maladie, #acuponcture et cancer

C'était la veille de mon avant dernier cycle de chimiothérapie. 

J'avais de méchantes nausées depuis deux cycles et je ne pouvais tout simplement plus les supporter. 

Je me levais avec la nausée, je me couchais avec la nausée. 

Elle ne me quittait pas, pendant les 15 jours qui suivaient l'injection. C'était usant, autant physiquement que moralement. 

Je suis plutôt de nature épicurienne, j'aime manger. Pardon, j'aime "bien" manger. 

Mais du coup là avec cette nausée qui squattait ma gorge, je n'avais envie de rien, telle une enfant capricieuse, je refusais de manger quoi que ce soit. Tout avait un goût horrible qui me révulsait. Même l'eau plate avait un goût métallique ! 

Je n'avais qu'une envie, l'expulser !

Mais même avec cela, rien n'y faisait, elle revenait, de plus belle. Têtue et bornée. 

Tel un pot de colle qu'on n'a pas invité.

Le jour où j'ai testé l'acuponcture - épisode 1

Plusieurs patientes que je croisais, mais également les médecins qui me suivaient, essayaient de m'aider pour surmonter ces nausées. D'abord un traitement d'Emend, 5 jours, puis 7 jours pour essayer de les atténuer. 

Mais non. Elles étaient sacrément bornées et décidées à me pourrir la vie. 

Puis au cycle suivant, le Zophren, qui aurait pu être efficace. Mais non. 

C'est donc en dernier recours et un peu désespérée, que j'ai décidé de prendre rendez-vous chez un acuponcteur de renom, sur Paris, dont la patientèle est essentiellement composée désormais de personnes en chimiothérapie. 

Sa réputation n'est plus à faire et il obtient parait-il d'excellents résultats sur l'atténuation des effets secondaires  et particulièrement sur ces fameuses nausées. 

Chouette ! 

J'arrive à être sur une liste d'attente pour le jour qui précède ma prochaine chimio. Deux personnes seulement avant moi. 

On m'explique que les places sont chères donc il faudra que je sois hyper réactive quand je recevrai l'appel du cabinet - car si je ne réagis/rappelle pas assez vite, ma place sera donnée à la patiente suivante.

OK... Je me tiens donc dans les starting block et effectivement 48h avant ma chimio je reçois un appel m'informant que j'ai une place ! Hallelouia ! 

C'est à l'autre bout de chez moi - 53 minutes en métro - et, marchant plus lentement que d'habitude, je gère mal mon temps de trajet et j'arrive avec 5 petites minutes de retard. Et je déteste être en retard !

Le Dr J. me reçoit rapidement et me demande pourquoi je viens le voir, qui m'envoie, mes effets indésirables... Il a un look plutôt rigolo, un peu courbé, en costume, un énorme noeud papillon à son cou. 

Apparemment il enchaîne les consultations et alterne entre deux bureaux qui sont jouxtés l'un à l'autre. Pratique ! 

Pragmatique aussi :)

Je lui énonce la longue liste des effets secondaires que je subis et conclue en lui disant que l'acuponcture, je ne connais pas et même si je suis plutôt une habituée des piqûres, je ne suis pas forcément hyper rassurée, là, présentement. 

"Pas de problème, vous verrez, ça n'est absolument pas douloureux, ça va bien se passer".

En 2 secondes, me voilà sur la table d'auscultation du cabinet de droite. 

Dans le cabinet de gauche, sans doute une patiente piquée de partout, attend qu'on vienne la libérer. 

Il me pose ses aiguilles qu'il dit être stériles et à usage unique. 

Il me pique en premier entre les deux seins, à travers le soutien-gorge. Puis il enchaîne avec automatisme et efficacité sur les pieds, les bras, les mains, le front, les tempes, les oreilles et bien sûr le ventre.

La pose des aiguilles est moins douloureuse que ce à quoi je m'attendais. A certains endroits, je ne ressens absolument rien. A d'autres, on dirait qu'il me pince avec un ongle, et hop c'est fini. 

Même pas mal en fait !

En 5 minutes, je suis piquée de partout, j'ai peur de bouger alors qu'il ne m'a rien dit. Je ne suis pas rassurée. Pas très à l'aise tout de même. Tout est allé tellement vite. Je n'ai pas eu le temps ou l'occasion de lui poser toutes mes questions. 

D'habitude, je pose toujours des tonnes de questions. Cela me rassure de savoir exactement ce qui va se passer.

Il finit par me mettre une dernière aiguille sous la lèvre infèrieure - en préventif contre les aphtes - et à ce moment là il me dit que je ne peux plus parler.

Ah flûte, si j'avais su...

Ensuite il s'éclipse dans le cabinet de gauche, le Vaudeville continue.   

Je patiente comme cela seule dans le cabinet droit pendant 10 minutes. 

Au départ, ça me démange, me pique un peu aux chevilles surtout. J'ai comme l'impression d'avoir marché dans des orties. Et puis ça s'estompe rapidement. Je ne sens plus rien, aucune douleur, aucun picotement. 

Il vient ensuite m'enlever les aiguilles et finit par me poser deux points dits "permanents" à l'intérieur des poignets. J'aurais le droit de jouer avec régulièrement les jours suivants pour estomper voir stopper complètement la venue des nausées. 

Les 30 minutes qui suivent, je n'ai plus une seule aiguille sur moi mais j'ai encore l'impression d'être piquée de partout. Etrange. 

La séance n'a duré que 15 minutes en tout, et 80€ plus tard, me voilà sur le perron de l'immeuble, où mon amie - qui habite à côté - m'attend pour me ramener chez moi en voiture. 

Voilà, l'expérience de l'acuponcture, check ! 

Bientôt l'épisode 2 avec les résultats ! 

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