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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où je suis allée voir une psy

Publié le 20 Août 2013, 09:04am

Catégories : #psy, #château de cartes, #empathie

C’était à la fin de la première chimio, à la fin du mois d’octobre. Le moral d’acier que j’avais depuis le début, s’estompait petit à petit, s’écroulait peu à peu comme un château de cartes. Même ma patience (arme redoutable habituellement) ne répondait plus.

Ce jour-là, j’ai compris. J’ai compris que je n'y arriverais pas toute seule (malgré les objectifs que je m’étais fixés…). J’ai compris que j’avais besoin d’aide.

Je parle beaucoup, j’en parle beaucoup, je ne suis pas très pudique sur le sujet, sur ma maladie, j’en parlais à mes amis, à ma famille, à mes collègues proches, à mon mari.

Seulement je leur livrais un discours bien rôdé : arme absolue pour tenir le bon cap : je suis malade, mais je me prends en main et je vais guérir ! je n’ai pas peur, n’ayez pas peur ! JE Gère !!!!!

Après cette première chimio donc, j’ai compris que ça ne serait pas aussi simple que cela.

Le château de cartes s’écroule et je fais quoi ?

Tiens, si je m’occupais un peu de MOI ! si je faisais ce que je dis à tout le monde, si je me prenais en main en allant en parler à quelqu’un d’extérieur à tout ça. Quelqu’un qui ne me connait pas, qui n’est pas empathique, ou juste ce qu’il faut.

Le jour où je suis allée voir une psy

Et je suis allée voir cette psy, avec la tête pleine d’à priori (comme d'hab') : ça va durer 2 minutes, je vais lui raconter les faits et ensuite je n’aurais rien à lui dire, elle va me laisser débiter mon discours, me laisser allongée sur un sofa pendant 1h et acquiescera de temps en temps, ça ne va servir à rien, je sortirais de là comme je suis rentrée, seule et toujours malade...

Dès la première séance, ça ne s’est pas passé du tout comme je l’imaginais.

Je lui ai parlé de moi, de mes enfants, de mon mari, de ma fatigue, de tout. Je lui ai parlé d’absolument tout ! et ça m’a libéré.

Je réalisais déjà que d’en parler, de mettre des mots sur ce que je vivais me faisait un bien fou, me permettait de comprendre, concevoir, digérer ce qui m’arrivait.

Mais là d’en parler à une parfaite inconnue, qui comprenait tout ce que je disais, qui réagissait à mon récit, par un sourire, par un regard compréhensif, empathique, et chaleureux, j’ai compris que je n'allais en fait pas très bien…

Je m’étais cachée cela depuis le début, pensant pouvoir m'en sortir toute seule, pensant avoir un moral suffisamment fort pour affronter cela, pour "encaisser" tout ça... Je suis malade, j’ai une maladie grave, mais je ne pouvais pas en parler comme ça, pas comme à "elle", je ne pouvais pas montrer que la montagne s’écroulait, je ne m’écroule pas moi… ça n’est pas prévu dans mon plan… rien de tout cela n’était prévu dans mon plan…

Je vois toujours cette psy et je la remercie par ces mots pour son écoute, et ses conseils, si précieux.

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