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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où je suis retournée au boulot

Publié le 10 Septembre 2013, 07:30am

Catégories : #cancer du sein, #cancer, #cancer et travail, #reprendre le travail après un cancer, #tête dans le guidon

Cela faisait 1 mois et demi que j’étais en arrêt maladie. 1 mois et demi que toute ma vie, mes journées tournaient autour de la maladie, des examens, des scanners, pet scan, IRM etc…

1 mois et demi de convalescence où je reprenais petit à petit l’usage de mon bras gauche, et où j’enchaînais les séances de kiné, les séances de préparation à la chimio, les visites à la clinique avec les médecins pour parler de mon cas, m’expliquer les traitements, me préparer à entrer dans le moule d’une “malade d’un cancer” – mais je ne suis pas malade moi, enfin... pas vraiment, du moins c’est ce que je croyais.

Bref, 1 mois et demi d’horreur !

Je me levais “cancer”, je pensais (ou on me faisait penser) “cancer” dans la journée, et je me couchais en pensant au cancer, aux traitements à venir, à l’année que j’allais passer… à l’angoisse prochaine de perdre mes cheveux, à l’organisation avec les enfants, pour leur expliquer sans trop leur faire peur, en les rassurant, comme toujours etc…

J’étais en “arrêt maladie” et j’avais littéralement l’impression que ma vie s’était arrêtée… justement.

Dans ces conditions, je n’avais qu’une envie – me rendre utile – servir à quelque chose – faire fonctionner mon cerveau à des fins utiles – me vider la tête et sortir vite VITE de ce train-train médical.

La solution était toute trouvée et très facile = je suis retournée au boulot. Et dès les premiers jours j’étais à FOND ! En plus j’avais été arrêtée à la pire période niveau boulot et pas remplacée donc autant dire que j’avais plutôt du travail à mon retour. Tant mieux ! parfait ! ça va m’occuper l’esprit autrement que toutes ces considérations thérapeutiques et cela me changeait tellement de tout ce jargon médical. Ouf !

Au travail je faisais vraiment comme si de rien n’était. J’étais fatiguée mais je ne le montrais absolument pas. J’étais toujours gaie, je rigolais beaucoup – exactement comme avant. Je ne voulais surtout pas changer mes habitudes sous prétexte que j’étais malade et en traitement.

J’ai donc beaucoup bossé, beaucoup donné au boulot pendant quelques mois, pendant la première chimio. Je venais le matin avec beaucoup d’entrain, je travaillais 2 semaines, ensuite j’avais mon traitement – le mardi - et le reste de la semaine j’étais arrêtée. En général le lendemain de la chimio je restais clouée au lit – vaseuse – j’errai entre la chambre, la cuisine et le salon tel un zombie. Le jeudi je recommençais à m’alimenter, je regardais la télé, j’achetais des trucs inutiles sur internet, je dormais, je grignotais.

A partir du second traitement de chimio, mon corps commençait à m’envoyer des signaux d’alertes que je n’écoutais pas.

Mes collègues, mes proches, tout le monde me disait de lever le pied. Qu’on se débrouillerait sans moi si j’avais besoin de me reposer. Que c’était normal, légitime…

Je répondais “Oui, oui.” Mais en réalité je n’entendais pas, je ne voulais pas entendre.

Je m’étais tellement persuadée au début de ce marathon que j’allais y arriver toute seule, que j'allais tout supporter, je voulais tellement à tous prix être sur tous les fronts, comme avant, que tous ces “bons” conseils me glissaient littéralement dessus.

Plus tard, au début du second protocole de chimio, j’ai levé le pied. Du moins j’ai essayé.

Mais il est très difficile, quand on est naturellement fière et sûre de soi comme je l’étais, de comprendre qu’on ne va pas y arriver toute seule, qu’on ne peut plus continuer comme ça. Qu’il y a certaines choses que l’on doit forcément laisser aux autres parce qu’on est malade, et c’est bien ça le plus important.

En levant le pied, je me suis rendue compte que je ne m'étais pas rendu service en voulant être partout, et tout faire comme avant. J’ai un peu lâché prise donc et je me suis reposée. J’ai prolongé mes arrêts maladie pour pouvoir être en meilleure forme pour mes garçons et mon mari. Pour profiter d’eux au maximum.

Au début, je culpabilisais. De m’arrêter plus longtemps alors que j’aurais pu travailler.

Sans faire de l’excès de zèle, il m’était très difficile de ne pas culpabiliser.

Le jour où je suis retournée au boulot

Seulement je savais aussi que j’en avais besoin, réellement besoin. J’étais épuisée, épuisée dans mon corps, mais aussi dans ma tête.

J’ai donc arrêté de culpabiliser. J’ai tout de même travaillé, un petit peu. Mais je me suis surtout reposée entre les traitements hebdomadaires et j’ai essayé au maximum de reprendre ma place de mère pour mes enfants.

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