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Une chance sur deux

Une chance sur deux

On se remet en rang


Le jour où mon fils m'a vu sans cheveux

Publié le 27 Août 2013, 09:31am

Catégories : #crâne nu, #naïveté, #perte de cheveux, #cancer du sein, #mots d'enfants, #cancer, #enfants et cancer, #maman a un cancer

C’était deux jours après que je me sois fait raser les cheveux. Le matin j’étais partie avec mes cheveux à moi sur la tête, j’avais dit au revoir à mes enfants, comme si de rien n’était.

Le soir, je vais chercher mon fils, le plus grand, qui avait 4 ans et demi à l’époque, à l’école avec ma toute nouvelle perruque. Il me dévisage rapidement. Je l’avais prévenue quelques jours auparavant. Il savait que sa maman était malade et que les médicaments qu’elle prenait lui feraient perdre tous ces cheveux…

Il comprend rapidement que ce jour-là est enfin arrivé et ne réagit pas plus que cela : finalement cela donne l’impression qu’il s’en fiche un peu, c’est que des cheveux après tout et puis Maman m’a dit qu’ils allaient repousser, plus doux qu’avant en plus ! Alors pourquoi toute cette montagne !

J’attends donc 2 jours pour lui présenter ma nouvelle tête toute nue.

Je me place derrière la porte de la salle de bains, entre-ouverte mais cachée, il ne me voit pas.

Je lui demande : ‘Veux-tu voir Maman sans la perruque ?’, il ne répond pas du tac au tac, je répète ma question pour être sûre d’avoir toute son attention. Et il dit un grand OUI tout excité (après tout on le bassine, on le prépare depuis plus d’un mois avec cela, à lui dire que Maman n’aura plus de cheveux, et c’est maintenant, c’est normal qu’il soit excité !).

J’ouvre la porte et je lui montre ma tête et mon visage sans cheveux, sans maquillage, simplement sa maman, qui n'a plus un seul cheveu sur le crâne.

Je m’attendais à un regard apeuré, limite écœuré (puisque c’est ce que cela m’inspirait quand je me regardais dans la glace). Mais non. Sa réaction fut directe, simple, sincère et sans équivoque : “Oh ! on dirait Vincent !” avec un petit sourire coquin.

Explication : qui est Vincent ? : Il s’agit d’un ami proche de nous, que nous voyons souvent, qui n’a pratiquement plus de cheveux sur la tête depuis bien longtemps et qui plaisante souvent avec nous à ce sujet.

Donc c’est aussi simple que cela. Aux yeux de mon fils de 4 ans et demi, je ressemble à un homme sans cheveux, et c’est plutôt rigolo apparemment.

On parle souvent de la naïveté des enfants. Je savais qu’elle existait, j’avais cru la frôler quelques fois mais là je l’ai reçue de plein fouet et cela m’a donné une bouffée d’air frais ! Un bien fou en ce jour où moi j’avais l’impression de me perdre, de ne plus être moi…

Je ne remercierais jamais assez mon fils car ce jour-là il m’a aidé, à sa façon, à surmonter la perte de mes cheveux, la perte de mon identité… à surmonter cette journée qui, même si je m’y étais préparée, fut très difficile.

Le jour où mon fils m'a vu sans cheveux

Ce jour-là j'ai compris que, même malade et sans cheveux, j'étais toujours la maman qu'il aimait.

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Vincent 28/08/2013 22:10

Sacré bonhomme ;)

K. 28/08/2013 08:55

Le jour où j’ai pleuré.
Bizarrement, rien. Rien le jour où tu nous as annoncé la nouvelle, à la cantine, après que je t’ai dit de façon tout à fait maladroite… « Ca va ? Ouh la la non, ça à pas l’air d’aller » (en gros, « vu la tête que tu tires »…). Rien non plus quand tu nous as détaillé le traitement que tu devrais subir.. Rien quand d’autres ont pleuré sur mon épaule. Rien quand j’en ai parlé autour de moi. Rien quand tu m’as dit, je veux écrire mon blog. Enfin si ; j’étais fière de toi, j’ai vu que tu prenais le taureau par les cornes…mais j’ai aussi vu que tu en avais besoin ; et donc que tu commençais à te rendre compte, et que ce n’était pas si facile que ça.

De l’énervement; oui, quand d’autres essayaient de se mettre à ta place, ou que les gens te plaignaient… « La pauvre, c’est pas juste… mais qu’est ce qu’elle est forte » ! « Et oui, la pauvre, et oui, c’est injuste, et oui, elle est super forte »… mais bon est-ce qu’elle a le choix ???

Egoïste, sans cœur ? C’est ce que j’ai pensé de moi au départ, vu comme je réagissais… Mais mon corps s’interdisait de réagir, de pleurer. Non pas que je l’ai commandé, mais juste, c’était instinctif « tu ne peux pas pleurer, tu as juste le droit de l’écouter, et dans la mesure du possible, de l’aider et d’être là quand elle aura besoin »…

Je savais bien que ça arriverait, mais je ne savais pas quand.
Et ce matin, c’est arrivé.
Au lever, en lisant ton post hebdomadaire, avant de commencer la journée.

Wahou.

Une immense claque.

Les quelques mots, à travers le regard d’un enfant, de ton enfant, qui te dit : « c’est quoi le problème maman ? t’es malade ? tu perds tes cheveux ? Mais ça change quoi ? Pour moi tu restes la même, et tu resteras toujours la même… et je t’aime. Comme tu es. Et on va avancer, comme ça. »

Ça me rappelle une phrase que j’ai moi aussi dit à ma maman il y a bien longtemps, dans d’autres circonstances ; ces paroles d’enfant, qui ont tout compris, simplement, qui te soulagent et qui t’aident justement, à avancer.

Et qui résument en quelques secondes ce que les adultes ont du mal à exprimer, et ce qu’on pense ici, aussi.

« On t’aime comme tu es, et rien n’a changé. Et on va avancer, avec toi, comme ça. »

UneChanceSurDeux 28/08/2013 17:24

Merci K. :)

Cathy 27/08/2013 11:51

erreur de frappe pour la dernière ligne !! ;-)
"Ta dernière" : ce ne seront pas les dernières bises, of course !!

UneChanceSurDeux 28/08/2013 17:29

Merci beaucoup Cathy pour ton commentaire et félicitations pour les 40 longueurs ! je ne pourrais pas en dire autant...

Cathy 27/08/2013 11:49

Quel témoignage ! Ton fils est déjà un "grand" pour partager ainsi cette épreuve avec toi !
Moi je n'ai jamais montré ma tête nue à quiconque, même pas à mon conjoint. Le jour où j'ai enlevé la perruque, quand mes premiers cheveux ont poussé, c'était au cours de gym adaptée entre femmes qui vivions la même chose.
Ta dernière phrase me parle beaucoup : une amie me l'a dite aussi au sujet de la mastectomie : un sein en moins n'enlèvera jamais la femme, la fille ou la sœur que je suis...
Bonne journée, aujourd'hui, c'est "le jour où j'ai réussi à faire 40 longueurs à la piscine, comme avant ! :-)
Bises
Ta dernière

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